Numérologie et Arcanes Majeurs

La numérologie est la science qui étudie la connaissance sacrée des nombres.

Cet article est écrit à partir des réflexions posées par Alejandro Jodorowsky dans son livre La Voie du Tarot.

« Le Tarot est agencé comme un tout organique et harmonieux. Métaphoriquement, il est comme un être structuré, un corps-esprit doté d’une dynamique propre : on pourrait dire qu’il nous invite sans cesse à danser avec lui », explique Jodorowsky.

+Les 22 Arcanes majeurs du jeu de Tarot de Marseille peuvent se diviser en 2 cycles :

Les 22 Arcanes majeurs sont des archétypes qui nous renvoient à la découverte de notre être essentiel. C’est ce que nous montre, entre autres, la numérologie.

Les Arcanes majeurs présentent 2 séries de 10 Arcanes encadrés d’un côté par Le Mat, de l’autre par Le Monde (Arcane XXI), archétype de la réalisation. Le 1 et le 10 sont en correspondance : ils représentent deux aspects de la totalité, en puissance (1) et réalisée (10).

Le Tarot se place dans la culture du système décimal dans lequel le 10 y est vu comme une totalité se subdivisant en 10 degrés évoluant l’un dans l’autre, dans une mutation constante de la réalité.

Il décrit un processus d’avancée et de croissance degré par degré, et procède par additions.

La notation numérique du Tarot est organisée de manière uniquement progressive, comme le montre la transcription des chiffres romains : par exemple, l’Arcane de l’Empereur est désigné par le IIII, et non par le IV, comme le voudrait la tradition romaine. C’est parce que le Tarot se refuse à considérer le 4 comme un 5 – 1.

> Les cartes du 1er cycle (de I à X) représentent des personnages humains ou animaux dans des situations identifiables. Elles correspondent à des possibilités de vie concrètes, manifestées, plus évidentes, qui sont plus de l’ordre du conscient. Cette série met en scènes des images à connotation sociale ou historique : on pourrait la qualifier de « claire ». Les Arcanes de cette série réalisent leurs actions vers le haut.

> Les cartes du 2nd cycle (de XI à XX) sont plus de l’ordre de l’inconscient, elles correspondent à des forces que l’on peut moins bien définir, et néanmoins très actives en nous. Les personnages et les situations évoluent dans un univers psychique et spirituel proche du rêve, ils prennent un caractère plus allégorique, moins réaliste. Le Ciel est présent avec des manifestations énergétiques, des astres, des émissaires divins. On pourrait qualifier cette série d’ « obscure ». Les Arcanes de cette série réalisent leurs actions vers le bas.

> On pourrait aller jusqu’à dire que 2 cartes qui portent le même numéro, par exemple le V et le XV (= X+V) sont la même énergie mais sur deux plans différents.

> On peut également dire que l’énergie de la carte du 2nd cycle est nécessaire pour que la carte du 1er cycle qui lui correspond puisse se manifester : on dira par exemple qu’intégrer Le Diable est nécessaire pour que Le Pape puisse faire son œuvre.

+Le jeu des 22 Arcanes majeurs peut également se diviser en 2 parties, dites « carrés » :

Selon Jodorowsky, « la suite des nombres est divisée en 2 « carrés » : le carré « Terre » correspond aux nombres (de 2 à 5) qui s’attachent à résoudre les problèmes concrets, à établir leur base. Avec le carré « Ciel », les nombres (de 6 à 9) sont moins préoccupés de leur situation personnelle : ils sont en relation avec les autres et avec le monde. »

On imagine un rectangle dans lequel entreraient les cartes des Arcanes majeurs, à l’exception du 1 et du 10.
Si on coupe le rectangle dans le sens horizontal, on obtient deux parties, ou « carrés » : en bas le carré Terre, en haut le carré Ciel.

A l’intérieur de ces deux carrés figurent, dans le carré Terre, les Arcanes numérotés de 2 à 5, et dans le carré Ciel, les Arcanes numérotés de 6 à 9.

Le Carré Terre :

1 – Unité. Potentialité – Commencement

2 – Accumulation – Enthousiasme

3 – Activité sans savoir si cela va réussir

4 – Stabilité

5 – Pont – Projet

Le Carré Ciel :

6 – Plaisir

7 – Action dans le monde

8 – Perfection

9 – Crise positive – Passage

10 – Fin d’un cycle, début d’un autre

Ces deux carrés à l’intérieur du rectangle engendrent au centre le carré Humain.

Ils symbolisent cette double dimension terrestre et céleste au centre de laquelle se développe, selon la géométrie du Tarot, le processus charnel et spirituel de l’être humain.

+ La signification symbolique des nombres de 1 à 10 :

– As (dans les Arcanes mineurs) : commencement, très grande énergie de croissance, potentiel, promesse, début de cycle, expansion et plein accomplissement du domaine déterminé par l’une des 4 couleurs ou énergies vitales, à savoir :

> Denier : plan matériel, argent

> Bâton : désir, passion

> Épée : mental

> Coupe : émotions, amour

On retrouve le 1 dans les Arcanes Majeurs du Bateleur, de la Force et du Monde.

– 2 : dualité, choix, quête d’équilibre, aspect statique.

– 3 : créativité, joie, dynamisme, mouvement circulaire qui crée la régénération.

– 4 : stabilité, stagnation, limites, domaine de la vie concrète.

– 5 : conflit, problème, déséquilibre, chiffre de l’ego qui veut être le meilleur.

– 6 : dépassement et résolution du problème, fluctuation, mais aussi égarement.

– 7 : avancée, progression, confiance, lancement d’un nouveau projet.

– 8 : expression libre, complémentarité des contraires, aspect statique, blocage.

– 9 : accomplissement de l’ordre, lâcher prise, aspect contemplatif, passif.

– 10 : dépassement de cet accomplissement, la fin d’un cycle qui ouvre un nouveau cycle, régénération complète.

+ La symbolique des nombres pairs et impairs :

Si on coupe cette fois ci ce même rectangle en deux dans le sens vertical, le côté gauche correspond aux cartes portant les nombres impairs (polarité féminine réceptive), et le côté droit aux cartes portant les nombres pairs (polarité masculine active).

Nombres pairs :

  • côté gauche
  • réceptifs
  • immobiles

liés :

  • au principe féminin
  • à la mère
  • à la Lune
  • à l’inconscient

Nombres impairs :

  • côté droit
  • actifs
  • en mouvement

liés au :

  • au principe masculin
  • au père
  • au Soleil
  • au conscient

On verra tout de suite si la carte tirée porte un numéro actif ou réceptif selon qu’il est impair ou pair.

L’activité indiquera que ce sera plus par des actions que le consultant pourra résoudre ses difficultés, dépasser les limites qu’elle se donne et développer ses possibilités.

– La réceptivité indiquera un état : ce sera en modifiant son état d’esprit, ses points de vue, sa disposition intérieure, son regard sur les choses et les événements, que le consultant pourra évoluer.

> Dans les tirages à plusieurs cartes, on pourra observer les correspondances entre les numéros (ex : II et XII).

> Chaque nombre a une signification positive et négative : un même nombre est dit positif lorsqu’il correspond à une énergie réalisée, et il est dit négatif quand cette énergie n’est pas réalisée (alors que la personne peut le faire), qu’elle soit vécue en excès ou en manque. L’aspect négatif d’un nombre – comme pour chaque signification des Arcanes – se marque par le manque ou l’excès.

> Il faut considérer les nombres au-dessus du X comme : X + I = XI, X + II = XII, etc.

Ils n’ont pas toujours de signification propre comme les nombres qui vont de I à X. Ils indiquent que la carte est dans le second cycle du Tarot, celui qui est en rapport avec des forces inconscientes et spirituelles.

Par exemple, dans l’Arcane XII du Pendu, XII = X + II : c’est un nombre pair, réceptif, immobile.

+Description des degrés de la numérologie :

On parlera ici de degrés puisque les Arcanes majeurs sont numérotés de 0 à 21, répartis en 2 cycles, et qu’un nouveau cycle s’ouvre avec la 11e carte.
Le degré 1 renvoie donc aux Arcanes I, XI et XXI ; le degré 2 aux Arcanes II et XII, et ainsi de suite.

« La numérologie se déploie donc comme une évolution du 1 au 10, qu’il faut imaginer en perpétuelle mutation, comme le cycle des saisons », écrit Jodorowsky.

– Degré 0 : Grand apport d’énergie initiale.

LE MAT n’a pas de numéro : on ne peut lui désigner une place fixe. Tous les nombres peuvent s’inscrire dans son bandeau qui est vide car il est tout plein de tous les nombres à l’infini. Le Mat parcourt et soutient par son énergie tous les Arcanes majeurs et mineurs du Tarot.

Cette carte représente l’énergie infinie de la Vie qui ne peut être limitée : c’est pourquoi cet Arcane ne peut être chiffré.

– Degré 1 : Totalité en puissance. Beaucoup d’énergie sans expérience. C’est une graine, un début, un potentiel, où tout est encore à faire.

I – LE BATELEUR : Tout est en puissance, mais il faut choisir.

Le symbole géométrique de l’unité, c’est le point, qui symbolise le commencement, la croissance. Il y a une énergie énorme dans tout commencement, mais elle reste au stade de potentiel, de promesse. Le point, c’est le point de départ vers le nouveau, mais aussi, karmiquement, le point d’ouverture pour accueillir ce qui revient : le risque, en entamant un nouveau cycle, c’est de répéter quelque chose de déjà vécu !

Le point, c’est l’instant présent, à partir duquel on peut accueillir ce qui peut surgir de nouveau du passé, mais aussi se préparer au futur que l’on décide de créer en conscience.
Le Un équivaut au Tout, à l’Absolu, au Dieu unique. Il est le lieu de rencontre et de transmutation des forces inférieures et des forces supérieures.

Dans la religion hindouiste – dans laquelle le Divin est représenté sous la forme triple (= la Trimurti) des dieux Brahma (création), Vishnou (conservation) et Shiva (destruction) – la multiplicité n’est que la manifestation de l’Unité.

De même, sur la table du Bateleur sont posés une multiplicité d’objets représentant les multiples possibles qui s’ouvrent à nous : à chaque fois, l’opportunité de choisir nous met face à cette multiplicité pour ne retenir au final qu’un seul acte/un seul choix.

Le Un est relié à l’Univers, qui signifie « tourné vers le Un ». L’Un procède d’une unité plus grande.

XI – LA FORCE : Réveil de l’énergie animale.

XI est un nombre charnière dans la suite des 21 nombres du Tarot. Avec l’Arcane XI s’ouvre la seconde partie du chemin du Tarot, qui nous mène vers une voie spirituelle.

Comme les Arcanes I et le XXI, il inaugure un nouveau cycle.

XXI – LE MONDE : Réalisation totale, totalité, avènement d’un nouveau cycle.

21 est le multiple de 7 et de 14, l’Arcane du Monde renvoie donc à la fois au Chariot et à Tempérance.

Si on étale les cartes sur 3 rangées de 7 cartes + 1 seule carte sur la dernière rangée – celle du Monde – on peut voir un alignement de 4 Arcanes qui révèle un axe essentiel du Tarot :

Cet alignement nous indique dans quelle orientation le Tarot nous invite à cheminer : habités par une puissante énergie qui est celle de la Vie (le Mat), avec un élan vital et un dynamisme qui nous poussent à agir et à parcourir le monde (le Chariot), nous sommes invités en même temps à être totalement incarnés dans notre vie terrestre (Chariot-Monde) et à nous relier aux forces spirituelles et cosmiques (Tempérance). L’objectif est d’équilibrer (Tempérance-Monde) ces forces et ces directions dans une intention d’harmonisation entre matière et esprit, dans nos quatre principales énergies/couleurs : domaine matériel – domaine de l’action/de la sexualité – domaine de l’esprit – domaine affectif.

– Degré 2 : Etat réceptif de gestation. Accumulation de forces pour se préparer à l’action. Inaction. Refoulement d’énergie.

II – LA PAPESSE : Prépare une action mais ne l’accomplit pas encore.

Le deux signifie la dualité présente en l’Univers et en toute chose, et donc en chaque être humain. On trouve la dualité à travers tous les couples d’opposés complémentaires : jour/nuit, matière/esprit, féminin/masculin, lumière/obscurité, vrai/faux…. Le deux est la cause de toute altérité, ce qui fait qu’il y a de l’autre. Mais il est aussi cause de séparation et de souffrance.

Le deux est un chiffre pair, relié au principe féminin. Il est dit passif. Il rappelle le 2e hexagramme du Yi King (Le Livre des Changements) : le Réceptif, c’est à dire la polarité Yin, symbolisant la mère, le ventre, le noir, la Terre, la fécondité.

Le deux représente la dualité : le passage de l’unité à la multiplicité. C’est un état intermédiaire.

Le deux, c’est aussi le double, le miroir : l’être humain est le reflet du Cosmos, il y a en effet une correspondance entre le microcosme et le macrocosme. Il n’y a plus d’opposition en ce sens, mais correspondance sur deux plans différents qui tendent à se confondre : c’est ce dépassement de la dualité qu’il nous est demandé d’effectuer.

Car l’ensemble des dualités du monde réalise la beauté par la synthèse des contraires.

Géométriquement, le deux est représenté par la ligne ou l’angle aigu : on retrouve ces symboles sur la carte (les traits sur le voile, sur le manteau, sur le livre).

XII – LE PENDU : Méditation et mise en retrait, don de soi. Ce n’est pas le moment du choix et de l’action.

Le 12 symbolise l’Univers tel qu’il se déploie dans l’espace du ciel (= les 12 signes du Zodiaque) et dans le temps (= les 12 mois de l’année).
Les Grecs donnaient aux 12 signes du Zodiaque une correspondance avec les
parties du corps et avec des plantes.

Le symbolisme zodiacal se retrouve dans l’Ancien Testament :

« Moïse divisa son peuple en 12 tribus parce que ce Nombre est le plus parfait et correspond aux 12 mois qui forment l’année entière » (Diodore).

Dans l’Antiquité grecque, on peut citer les 12 travaux d’Hercule.

Dans le Nouveau testament, Jésus choisit 12 apôtres :

« Il y a 12 apôtres parce que l’Évangile devait être prêché aux quatre coins du monde au nom de la Trinité : or quatre fois trois font douze » (Saint Augustin).

12 est aussi l’inverse de 21, c’est à dire l’Arcane du Monde marquant l’aboutissement du chemin du Tarot et l’annonce d’un nouveau cycle à venir.

– Degré 3 : Eclatement, explosion créative de toute l’énergie accumulée, mais sans expérience et sans but.

III – L’IMPERATRICE : Féminité puissante et créative, réveil cyclique de la Nature au printemps.

Le nombre 3 est associé à la puissance de l’énergie divine. C’est le symbole de l’activité divine et de la production dans sa perfection.

C’est le premier nombre impair, masculin.

On le retrouve dans toutes les grandes traditions religieuses :

  • les 3 tribus d’Israël dans l’Ancien Testament,
  • la Trimurti indienne (= Trinité), c’est à dire les 3 aspects de la divinité : Brahma(création) – Vishnou (conservation) – Shiva (destruction),
  • la trinité chrétienne (Dieu le Père – le Fils – le Saint Esprit),
  • les 3 Rois mages dans le Nouveau Testament…

Il indique un grand dynamisme, ce qui circule, tourne et crée du mouvement : il faut un 3e élément pour dépasser la dualité, et c’est cet élément invisible qui crée la régénération.

Géométriquement, il est représenté par la surface ; la forme qui lui correspond est le triangle.

ARCANE XIII : Révolution, changement, action violente et rénovatrice pour détruire l’ancien. Transformation.

Depuis l’Antiquité, le nombre 13 est considéré comme maléfique.

  • Pendant la Cène – le dernier repas du Christ réuni avec ses apôtres – les convives étaient au nombre de 13.
  • Le 13ème chapitre de l’Apocalypse est celui de l’Antéchrist et de la bête.
  • La Kabbale dénombrait 13 esprits du mal.

Cependant, pour les Anciens, la 13ème personne dans un groupe apparaît aussi comme la plus puissante et la plus sublime :

  • C’est le cas de Zeus dans le cortège des 12 dieux, au milieu duquel il siège, distinct des autres par sa supériorité.
  • Dans L’Odyssée d’Homère, Ulysse est le 13ème de son groupe a échapper à l’appétit dévorant du Cyclope.

– Degré 4 : Stabilisation et puissance. Tranquillité émotionnelle. Domination de la vie matérielle. Clarté des idées.

IIII – L’EMPEREUR : Autorité, puissance des lois. Figure paternelle, rationnelle.

C’est un nombre pair, réceptif. Il est le nombre de la matière, du domaine concret, du tangible, en lien avec la Terre et avec la perception que nous avons des choses grâce à nos 5 sens.

Symboliquement, le 4 représente les limites, mais aussi la complétude.

Le 4 est représenté géométriquement par le volume, la croix à plat et le carré.

On retrouve le chiffre 4 dans de nombreux domaines de notre vie en lien avec l’environnement et le Cosmos :

  • les 4 saisons,
  • les 4 éléments (Terre, Eau, Feu, Air),
  • les 4 phases de la Lune (nouvelle Lune, Lune croissante, pleine Lune, Lune décroissante),
  • les 4 points cardinaux (Nord, Est, Sud, Ouest).

Dans la tradition biblique, le nom de Dieu est composé des 4 lettres hébraïques : YHVH. Cette composition est appelée précisément le Tétragramme.

Dans la vision d’Ezechiel (AT, Ezechiel 1, 10-11), le prophète voit 4 animaux qu’on appelle aussi les 4 vivants – cités de nouveau dans L’Apocalypse de saint Jean (NT, IV, 6-8).

Ces 4 animaux sont :

  • le lion,
  • le veau,
  • l’homme
  • et l’aigle.

On les retrouve dans l’Arcane XXI du Monde : cette lame du Tarot symbolise la plénitude et l’accomplissement d’un cycle, et l’avènement d’un nouveau cycle. L’Arcane IIII en tant que symbole du pouvoir sur le monde préfigure ainsi l’Arcane XXI.

Les espaces sacrés (autels, temples, tables…) sont souvent représentés par une forme carrée.

Le nombre 4 nous explique aussi que le monde matériel ne peut pas être dissocié du monde spirituel. C’est pourquoi la lame de l’Empereur est indissociable de celle de l’Impératrice : les deux symboles forment le couple symbolique de l’union des opposés.

XIIII – LA TEMPERANCE : Protection spirituelle, circulation interne harmonieuse.

On retrouve le nombre 14 dans la religion juive :

  • la fête de la Pâque – la plus grande fête des Hébreux – a lieu le 14ème jour de la première lune de l’année religieuse juive.
  • Ce nombre est associé à la notion de génération : la généalogie de Jésus part de David, fils d’Abraham : il y a d’Abraham à David, 14 générations ; de David à la déportation de Babylone, 14 générations ; de la déportation de Babylone au Christ, 14 générations. 
  • 14 est également la durée d’une lunaison (il y a 2 cycles de lunaison par mois).

Le nombre 14 contient une notion de stabilité et d’ancrage dans la Terre grâce à la présence du chiffre 4.

– Degré 5 : Pont vers une autre dimension. Passage. Apparition d’un nouvel idéal qui déséquilibre la stabilité du degré 4 pour la dépasser.

V – LE PAPE : Enseignant, maître guide. Communication et union. Pont entre deux mondes sans abandonner le royaume terrestre.

Le 5 est un nombre impair, masculin, actif. C’est le pivot entre 1 et 9 : en ce sens, il symbolise l’union.

Pour les Pythagoriciens, c’était le nombre médiateur, nuptial.

C’est le nombre de l’ego. Il représente les qualités, mais aussi l’excès : en particulier, le fait de vouloir être le meilleur quand on a des qualités (cet excès qui vient de l’ego !). Il indique alors un conflit, la rupture d’un équilibre.

La forme géométrique qui lui correspond est la pentagone : 5 côtés et 5 angles. On retrouve cette forme parfaitement dessinée par Léonard de Vinci dans son célèbre dessin L’Homme de Vitruve (env. 1490) : l’homme est ici dessiné avec ses deux bras, ses deux jambes et son buste, et avec, au centre, son sexe.

Le pentagone est utilisé dans les sciences occultes à travers le pentagramme : ce dessin ayant la forme d’un pentagone sert à conjurer le sort et/ou à acquérir de la puissance. Il existait ainsi des pentagrammes d’amour et de mauvais sort.

Le pentacle est un sceau magique censé être relié aux réalités invisibles ; il symbolise et capte les puissances occultes. Il tend à exprimer une structure universelle. A l’intérieur du pentacle peuvent être inscrits des lettres, des mots ou des signes symboliques.

Le Pentateuque est le nom donné aux 5 premiers livres de la Bible (Ancien Testament).

XV – LE DIABLE : Tentation. Inconscient profond. Richesse. Passion. Créativité.

Le chiffre 5 et le pentagramme sont les symboles de l’homme et de la vie manifestée

L’Arcane XV est à rapprocher de l’Arcane V du Pape : pour accéder à la vie spirituelle et au monde divin, il est nécessaire de connaître d’abord le Diable qui est nous, afin d’accepter totalement notre humanité, constituée d’une partie animale et d’une partie spirituelle, divine.

– Degré 6 : Plaisir. Beauté. Union. Découverte de l’autre. Oser faire ce que l’on aime, au-delà des nécessités matérielles.

VI – L’AMOUREUX : Nuances infinies de la vie émotionnelle. Faire ce que l’on aime sous le rayonnement de l’amour universel.

Le 6 est un nombre pair, réceptif, féminin. Pour Saint Augustin, le 6 est représente la perfection : « Dieu créa toute chose en Six jours parce ce que ce nombre est parfait ».

La formé géométrique associée au 6 est l’hexagone : untriangle équilatéral, donc parfait, qui renvoie au Trois et au Principe Divin. C’est le nombre de la création.

L’hexagone peut aussi se présenter aussi sous la forme étoilée, connue sous le nom de Sceau de Salomon ou Étoile de David.

Ces deux triangles en position inversée symbolisent l’union du féminin (pointe vers le bas) et du masculin (pointe vers le haut).

XVI – LA MAISON DIEU : Exprimer ce qui était enfermé. Joie. Illumination. Déménagement. Danse cosmique autour du temple qu’est le corps.

Au delà de 10, nous entrons dans la seconde partie du Tarot dont la vocation est plus spirituelle. Chaque Arcane au dessus de 10 peut être comparé à celui qui lui correspond dans la première partie.

Il existe également différentes combinaisons de chiffres possibles à l’intérieur d’un même nombre qui aident également dans l’interprétation de l’Arcane.

Comme L’Amoureux, Maison Dieu est liée aux notions de d’union, de découverte de l’autre – ou du Tout Autre – et de plaisir : on fait ce que l’on aime (dans la vie émotionnelle pour l’Amoureux), et l’on exprime à l’extérieur ce qui était à enfermé à l’intérieur (sur le plan spirituel pour Maison Dieu). Les notions d’amour universel et de joie sont présentes dans les deux cartes.

Le 16, c’est aussi 4 x 4 : le nombre 4 (= Arcane de l’Empereur) indique une notion de stabilité et de fermeté. Le 4 est le nombre de la matière et de la totalité manifestée qui amène une stabilité infaillible mais aussi une rigidité et un obstacle à l’évolution.

On peut comparer la tour de Maison Dieu à l’axe vertébral du corps physique mais aussi au canal énergétique central du corps d’énergie (la Sushumna d’après les textes du Hatha Yoga) : le but de cette construction symbolique est bien de recevoir la Lumière, non de s’y opposer. La notion de stabilité prend ici un sens plus profond, spirituel : Maison Dieu nous invite à être fermement établi dans notre espace intérieur afin de nous connecter à notre âme et de recevoir les informations venant de la Conscience universelle.

– Degré 7 : Action dans le monde, action intense fondée sur l’expérience.

VII – LE CHARIOT : Conquête, triomphe. Action résolue. Voyage. Union de l’esprit et de la matière.

Le nombre 7 est impair, actif. C’est un nombre sacré. C’est le symbole de l’esprit.

Il représente aussi la confiance en soi. Il est très profitable dans un tirage !

On trouve dans la Bible de nombreuses références au chiffre 7 :

  • les 7 péchés capitaux,
  • les 7 vertus théologales,
  • les 7 sacrements.

De même, pour l’Islam, il y a 7 cieux, 7 terres, 7 enfers, 7 portes du Paradis, 7 prophètes : Adam, Noé, Abraham, Moïse, David, Jésus, Mahomet.

Les rythmes de l’Univers sont également ponctués par le chiffre 7 :

  • les 7 jours de la semaine,
  • les 7 notes de musique,
  • les 7 couleurs de l’arc en ciel,
  • les 7 principaux chakras (centres d’énergie subtile dans le corps humain).

Les cellules du corps humain se régénèrent tous les 7 ans.

Le nombre 7 évoque les 7 « luminaires » ou « astres errants » (par opposition aux fixes) désignés par les Anciens. Dans l’ordre, à partir de la Terre qu’ils considéraient comme immobile et au centre du monde, on trouve :

Ils ont donné naissance aux 7 jours de la semaine (Lune = Lundi, Mars = Mardi, etc.).

Le chiffre 7 rappelle également les 4 phases lunaires qui durent chacune 7 jours : un cycle de lunaison complet dure en effet 28 jours (4×7).

XVII – L’ETOILE : Trouver sa place dans le monde et à partir de cette place, embellir le monde. Se vivre dans sa totalité.

L’Etoile est à rapprocher du Chariot : le degré 7 indique une notion de perfection mais aussi une action dans le monde. Dans le Chariot, il s’agit de conquérir le monde, de voyager, de partir à l’aventure, qui est celle de l’existence même. Dans l’Etoile, il s’agit de trouver sa propre place dans le monde et d’embellir ainsi le monde.

– Degré 8 : Perfection réceptive. Equilibre. Réceptivité totale. Parfaite abondance matérielle. Plénitude du coeur et vide de l’esprit.

VIII – LA JUSTICE : Peser le nécessaire et couper le superflu. Accepter les valeurs utiles. Se faire justice à soi même.

Le nombre 8 est pair et réceptif.

Pour les Pythagoriciens, il est le symbole de l’amour et de l’amitié, de la prudence et de la réflexion.

Chez les Grecs, le 8 était dédié à Dionysos, né le huitième mois de l’année.

On peut considérer le 8 comme 4+4 : il représente une stabilité renforcée.

Mais c’est un nombre très statique (2×4) qui peut générer une situation de blocage.
Il demande une réorganisation au niveau matériel, concret.

Le 8 symbolise la complémentarité des contraires.

XVIII – LA LUNE : Mère cosmique. Reflète la lumière du Cosmos. Perfection de l’intuition et de l’art. Féminité. Mystère.

La Lune est à rapprocher de la Justice (Arcane VIII) : le degré 8 indique une perfection réceptive. Dans la Justice, il s’agit de peser (le nécessaire) et de trancher (le superflu), de se relier à la vérité pour se faire justice à soi même : d’être une bonne mère pour soi même. La Lune – qui reflète toute la lumière du Cosmos – représente la perfection de l’intuition, la Mère universelle.

L’Arcane de la Lune est aussi lié au chiffre 28, qui renvoie à la durée du cycle lunaire (= 28 jours). Il révèle là encore l’idée de perfection : 28 est l’addition des 7 premiers nombres (1+2+3+4+5+6+7) et 7 est le nombre de la perfection dynamique. 28 a également pour somme théosophique 10 (2 + 8), qui renvoie à la Roue de Fortune (Arcane X), c’est à dire à un retour vers l’unité sur un plan plus large. La Lune en effet conduit les êtres et les choses vers leur accomplissement total.
On obtient la même somme avec l’Arcane XVIIII du Soleil (1 + 9 = 10). Cela montre combien les Arcanes de la Lune et du Soleil – représentant les deux polarités opposées et complémentaires, Anima et Animus – sont indissociables l’une de l’autre, dans notre chemin d’évolution vers l’individuation.

– Degré 9 : Crise opportune pour favoriser le passage vers l’inconnu de la fin du cycle, seule évolution possible à la perfection. Se mettre en mouvement sans savoir vers où. Nouvelle construction.

VIIII – L’HERMITE : Solitude existentielle. Sagesse. Confiance dans l’inconnu.

Le nombre 9 est impair et actif, divisible par 3. Il désigne la perfection (3×3), l’accomplissement de l’ordre. Il symbolise le Cosmos, le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création.

C’est aussi l’aboutissement de quelque chose, une phase qui se termine, un état de lâcher prise.

Pour les Chinois, c’est le nombre du Yang.

Dans la mythologie grecque, le 9 a une valeur rituelle :

  • Déméter parcourt le monde pendant 9 jours à la recherche de sa fille Perséphone.
  • Léto souffre pendant 9 jours et 9 nuits les douleurs de l’enfantement.
  • Les 9 Muses sont nées de Zeus lors de 9 nuits d’amour.

Le nombre 9 semble être la mesure des gestations, des recherches fructueuses.

XVIIII – LE SOLEIL : Nouvelle construction. Chaleur. Amour vrai. Fraternité.

Le degré 9 – qui renvoie à L’Hermite (Arcane VIIII) – indique la notion d’une crise nécessaire (Hermite) en vue d’une nouvelle construction (Soleil).

La somme théosophique du nombre 19 est 10 (1 + 0). Le Soleil – comme la Lune – rappelle donc la Roue de Fortune et le retour vers l’unité.

16 rayons partent du Soleil : le nombre secret de son rayonnement est donc 7 (1 + 6). En effet, le Soleil est la perfection achevée, la grandeur absolue, la dimension cosmique de toute existence.

– Degré 10 : Totalité accomplie. Symbolise la fin d’un cycle et le début d’un nouveau cycle.

X – LA ROUE DE FORTUNE : Grande expérience. Cycle complet arrivé à son terme. Blocage et besoin d’aide : tout est figé, mais il y a une manivelle pour actionner un nouveau départ.

Le 10 c’est le Tout qui revient à l’Unité.

Pour les Pythagoriciens, c’était le plus sacré des nombres, le symbole de la création universelle, l’image de la totalité en mouvement. Ils la représentaient sous la forme du Tétrakys, « en qui se trouve la source et la racine de l’éternelle Nature ». Le Tétrakys est la structure invisible de la transformation.

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On trouve le nombre 10 dans la Bible : les Dix commandements, les dix plaies d’Egypte….

Dans le Bouddhisme, on compte 10 vertus transcendantes.

Le 10 symbolise l’accomplissement de tous les autres éléments. Il indique une régénération complète, une transformation. C’est la fin d’un cycle qui contient le germe d’un nouveau cycle.

XX – LE JUGEMENT : Naissance d’une nouvelle conscience dans l’acceptation d’une aide spirituelle. Désir irrésistible qui se manifeste et se dirige vers sa réalisation.

20 est l’union de 2, nombre de la naissance, et de 10, royaume de la Terre : il symbolise la naissance d’un monde nouveau. Le degré 10 indique la fin d’un cycle et le début d’un nouveau cycle (analogie entre la Roue de Fortune et le Jugement).

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