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Lexique

Quelques définitions générales

Arcane

Nom masculin, du latin « arcanus » signifiant « secret », venant de « arca », signifiant arche, coffre.
Le mot « arcane » (adjectif et substantif) est apparu au XVe siècle dans le latin des alchimistes avec le sens de « secret ».
Il signifie :
– Toute opération hermétique dont le secret ne doit être connu que des seuls initiés.
– En occultisme, c’est le nom des cartes, ou lames, du jeu de Tarot utilisé à des fins divinatoires.

Archétype

Chez C. G. Jung, un archétype est une structure universelle issue de l’inconscient collectif qui apparaît dans les mythes, les contes et toutes les productions imaginaires du sujet sain, névrosé ou psychotique.
Ces images primordiales de l’inconscient collectif – notion chère à C.G. Jung – s’expriment en effet dans les mythes et les légendes. Ce sont des formes potentielles de pensées et d’émotions universelles héritées des générations précédentes. Elles prédéterminent la manière qu’aura l’individu de comprendre le monde et de s’y relier. Les archétypes influencent la représentation symbolique et le fonctionnement de notre pensée, mais aussi notre vision du monde ; ils orientent nos croyances, nos perceptions, nos émotions, nos comportements, nos décisions…. (Michel Giffard)

Athanor

Le fourneau dans lequel les alchimistes placent le récipient qui contient la matière de la pierre philosophale.
Le mot « athanor » est tiré de l’arabe et signifie « tour » ou « four » : c’est le fourneau dans lequel les alchimistes placent le récipient contenant la matière de la pierre philosophale et entretiennent un feu continuel.
Ce mot vient aussi du mot grec « athanos », signifiant « immortel ».

Divination / Divinatoire

– Art de prédire l’avenir par l’observation et l’interprétation de certains phénomènes.
– Sorte de prévision instinctive ; intuition : Par une sorte de divination, il ne prit pas l’avion ce jour-là.

Ésotérisme

nom masculin < ésotérique, du grec esôterikos, de l’intérieur
– Partie de certaines philosophies dont la pratique devait rester inconnue des profanes. (L’ésotérisme est surtout la caractéristique des philosophies pythagoricienne, kabbaliste et, de façon générale, des doctrines qui visent à créer une initiation et une hiérarchie sociale.)
– Ensemble des caractéristiques d’un enseignement, d’une terminologie, d’un style ésotériques
– Synonyme de occultisme.

Hermès Trismegiste

Personnage mythique de l’Antiquité gréco-égyptienne, auquel a été attribué un ensemble de textes appelés Hermetica, dont les plus connus sont le Corpus Hermeticum, recueil de traités mystico-philosophiques, et la Table d’émeraude. Les hermétistes, qui lui doivent leur nom, et les alchimistes se réclament de lui (< Wikipédia).

Hermétisme

– Doctrine ésotérique fondée sur des écrits de l’époque gréco-romaine attribués à l’inspiration du dieu Hermès Trismégiste.
– Au Moyen Âge et à la Renaissance, doctrine occulte des alchimistes.
– Qualité de ce qui est difficile à comprendre pour ceux qui ne sont pas initiés.
– Forme d’art poétique qui influença l’école italienne, baptisée « ermetismo » par le critique Francesco Flora, et qui se développa, de 1914 à 1945, avec Dino Campana, Eugenio Montale, Umberto Saba, Giuseppe Ungaretti et Vittorio Sereni.

Inconscient collectif

Selon C.G. Jung, l’inconscient collectif est la partie commune du psychisme de tous les êtres humains, composés principalement des archétypes.
Il contient l’ensemble des informations réelles et imaginaires, transmises de génération en génération.
L’intuition est l’un des moyens d’accès à l’inconscient, aussi bien individuel que collectif (Michel Giffard).

Individuation

L’individuation est le processus psychologique de réalisation et de distinction de l’individu : la réalisation de soi se fait grâce à l’intégration de l’archétype du Soi en prenant en compte les éléments conflictuels de la totalité psychique de l’être, à la fois consciente et inconsciente.
C’est un concept-clé de la psychologie analytique du psychiatre et psychanalyste suisse Carl Gustav Jung qui le définit en ces termes :

« J’emploie l’expression d’individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité ».

Intuition

Du latin « intuitum », venant du verbe « intueri » signifiant « regadrer attentivement ».
– Connaissance directe, immédiate de la vérité, sans recours au raisonnement, ni à l’expérience.
– Sentiment irraisonné, non vérifiable qu’un événement va se produire, que quelque chose existe.


Carl Gustav Jung  (1875-1961)

Médecin psychiatre suisse, il est un des pères de la « psychologie des profondeurs ». Il développa la psychologie analytique parallèlement à la de psychanalyse freudienne.
Son exploration de la psyché humaine et de l’inconscient fait parfaitement écho à l’astrologie, mais aussi à d’autres techniques dites « ésotériques » comme le Tarot et l’Alchimie, ainsi qu’à différentes philosophies ancestrales orientales, notamment à la spiritualité indienne du Yoga, que Jung a étudiées en son temps.
Pour en savoir plus et découvrir le thème astrologique de Jung.

Mandala

Mot sanskrit signifiant « cercle ». Dans le tantrisme hindou et bouddhique, le mandala est un diagramme symbolique représentant l’évolution et l’involution de l’univers par rapport à un point central.

Pierre philosophale

C’est le but du Grand Œuvre pour les alchimistes ; en langue courante, cette expression une chose impossible à trouver.

Synchronicité

Ce terme est également issu de la psychologie des profondeurs de C.G. Jung. Il s’agit d’une coïncidence porteuse de sens et/ou d’un message que notre inconscient nous envoie comme s’il nous invitait à un rendez vous. C’est la rencontre entre un désir profond et un événement extérieur. C’est aussi la coïncidence dans le temps de deux ou plusieurs événements sans relation causale, ayant le même contenu significatif. Les événements extérieurs ne sont en effet que l’écho et le reflet visible de notre état intérieur, psychologique et spirituel (Michel Giffard).

La Table d’Émeraude

Texte très court d’Hermès Trimesgiste, composé d’une douzaine de formules allégoriques et obscures, dont celle sur la correspondance entre le macrocosme et le microcosme, représentée par la célèbre formule : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». (Wikipédia).

+Quelques mots sur l’Alchimie, selon Alejandro Jodorowsky :

> Le mot « Alchimie » vient du latin médiéval « alchemia », mais probablement aussi de l’arabe « al kimiya », qui peut voir deux racines : soit du copte « chame » signifiant «  noir », soit du grec « khemia » signifiant « noir », soit encore du grec tardif «khumeia» signifiant « mélange », « action de fondre du minerai ».

L’Alchimie est l’art de la transmutation des métaux pour obtenir de l’or dans un creuset appelé « athanor ».
Le point de départ du Grand Œuvre est de fabriquer de la matière première (« prima materia ») que l’on mettra dans l’œuf philosophique : le mercure, élément femelle, et le soufre, élément mâle, sont les deux principaux constituants de la matière première.

> Le Grand Œuvre ne consiste pas à fabriquer de l’or, mais a fabriquer la pierre pulvérulente (= ou pierre philosophale) qui convertira les métaux imparfaits en or. Cette pierre est en même temps une médecine absolue, assurant la santé et une longue vie.
Il y a 3 grandes phases dans le Grand Œuvre :
• l’oeuvre au noir (nigredo),
• l’oeuvre au blanc (albedo),
• l’oeuvre au jaune (citrinitas),
• l’oeuvre au rouge (rubedo).

« Les alchimistes ont-ils réussi cette transmutation ? Sans doute non, mais ces hommes on fait des découvertes dont nous profitons encore aujourd’hui (bismuth, phosphore, fabrication de la porcelaine). Et la littérature alchimique est d’une telle beauté poétique que cela aurait valu la peine d’inventer l’alchimie rien que pour la splendeur de ses métaphores et les trouvailles de son écriture mythologique (transmission secrète par allégories), par exemple le mythe des noces du Roi et de la Reine ».

*Ce que nous dit le Dictionnaire des symboles (Jean Chevalier et Alain Gheerant) :

> L’alchimie est communément définie comme l’art de la transmutation des métaux en vue de l’obtention de l’or.
Il s’agit d’une opération symbolique : « l’opération est possible de par la vertu spirituelle » dit le Guru Nagarjuna.
Qu’est ce que l’or symboliquement ?
– Pour les textes védiques, l’or, c’est l’immortalité.
– En Occident, la symbolique est clairement exposée par Angelius Silesius :

« Le plomb se change en or, le hasard se dissipe quand, avec Dieu, je suis changé par Dieu en Dieu. C’est le coeur qui se change en l’or le plus fin ; c’est le Christ, ou la grâce divine, qui sont la teinture ».

> La pratique de l’alchimie permet de découvrir en soi même un espace de forme identique à l’athanor (= le fourneau ou creuset de l’alchimiste) : la caverne du coeur.
L’oeuf philosophique est par ailleurs enfermé dans le creuset, comme l’oeuf du monde ou l’embryon d’or dans la caverne cosmique. La fonte des ingrédients dans le creuset symbolise le retour à l’indifférenciation primordiale et s’exprime comme étant un retour à la matrice, à l’état embryonnaire.
Les éléments du Grand Oeuvre sont, en Occident, le soufre et le mercure dont l’équilibre produit le sel : le mercure et le soufre, ce sont symboliquement les polarités opposées, comme le feu et l’eau, l’activité et la passivité, les influences terrestres et les influences célestes, la Terre et le Ciel, l’Anima et l’Animus.
L’alchimie symbolise ainsi l’évolution de l’être humain d’un état où prédomine la matière à un état spirituel : transformer en or les métaux équivaut à transformer l’être humain en pur esprit.

> La fameuse Table d’Émeraude énonce, dans un style des plus hermétiques, les axiomes primordiaux de l’alchimie qui peuvent se résumer ainsi :

« Toutes les oppositions s’ordonnent en fonction de l’opposition mâle-femelle : le Grand Oeuvre, c’est l’union de l’élément mâle – le soufre – et de l’élément femelle – le mercure ».

> Quatre opérations présidaient au travail de l’alchimiste :

– la purification du sujet (Calcinatio – Feu – oeuvre au noir, sous le signe de Saturne) : destruction des différences, extinction des désirs, réduction à l’état premier de la matière ;

– sa dissolution jusqu’à ce qu’il n’en reste que l’être universel (Solutio – Eau – œuvre au blanc, sous le signe de la Lune) : la matière totalement purifiée ;

– une nouvelle solidification (Coagulatio – Terre – œuvre au jaune, sous le signe de Vénus) : union des opposés, coexistence pacifique des contraires ;

– et enfin une combinaison nouvelle sous l’empire de l’être le plus pur, au niveau de cet être nouveau : or ou Dieu (Sublimatio – Air, œuvre au rouge, sous le signe du Soleil) : plénitude de l’être, chaleur et lumière.

Ces étapes se résument toutes dans la célèbre formule Solve et Coagula que l’on pourrait traduire « purifie et intègre » et qui s’applique aussi bien à l’évolution du monde objectif qu’à celle du monde subjectif, celui de la personne en voie de se parfaire.

« Trouver la pierre philosophale, c’est découvrir l’Absolu, c’est posséder la connaissance parfaite (la gnose). Cette voie royale devait conduire à une vie mystique où l’homme deviendrait généreux, doux, pieux, croyant et craignant Dieu », écrit Titus Burckhardt dans son livre Alchimie, science et sagesse.

> L’interprétation alchimique utilise les symboles de son langage propre comme des clés pour ouvrir le sens caché des contes, des légendes et des mythes. Les célébrissimes contes de Charles Perrault et des Frères Grimm (Peau d’Âne, Cendrillon, Blanche Neige et les Sept Nains…) sont remplis de références symboliques ésotériques.

> Les alchimistes les plus plus célèbres :
– Nicolas Flamel, XIVe siècle.
– Fulcanelli, ne en 1877 à Villiers Le Bel, de son vrai nom Jean-Julien Champagne.

> Pour en savoir plus sur les liens entre l’alchimie et l’astrologie.

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